Politique

Ancien stratège et conseiller à la présidence de l’UNC : Gustave Omba Bindimono, les raisons d’une mythique démission

L’honorable Gustave Omba Bindimono a, en date du 03 juillet 2023, pris définitivement congé de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Mais pour quelles raisons ? A cette question qui taraude les esprits, cet ancien proche de Vital Kamerhe a évoqué, dans une lettre de démission dont une copie est parvenue à Géopolis Hebdo,  » des raisons des convenances personnelles  ». En effet, Gustave Omba Bindimono, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a décidé de quitter le bateau UNC. Au-delà des raisons ci-haut évoquées dans sa missive d’une page adressée au Président National de son parti, l’actuel Vice-premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Vital Kamerhe, la vraie raison de son départ du parti de l’avenue Croix-Rouge demeure encore insolite. Que s’est-il passé au juste entre cette valeur sûre avec son mentor ? Toutes les fois que cette question lui a été posée, l’interviewé a toujours gardé un silence mythique. L’avenir nous donnera certainement, nous le croyons, plus d’éclaircissements car, on devra savoir la vraie raison de cette séparation ou désamour.

Pour la petite histoire, Gustave Omba Bindimono, ancien stratège et conseiller à la présidence de l’UNC tel que l’a écrit en 2011 Vital Kamerhe dans la dédicace de son best-seller ‘’ Les fondements de la politique transatlantique de la RDC, terre d’espoir pour l’humanité (Acte de flatterie ou action de cœur ?) ‘’, ancien membre de la plénière de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), expert électoral, député national honoraire, administrateur des sociétés, consultant juridique et coordonnateur national du groupe de réflexions républicaines  » Café d’élites  », était l’une des personnes clefs de l’assemblée plénière de la Centrale Électorale (2013 – 2018). Il a, lui, et quelques autres membres issus des partis de l’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), représenté la Coalition pour le Changement (CACH) au sein de cette importante institution d’appui à la démocratie. Peut-on dire qu’il a été frustré après le partage du gâteau ? Tel ne semble pas être son cas. Pour preuve, dans un bref entretien téléphonique avec la rédaction du tabloïd de l’avenue Isiro, Omba Bindimono a fait parler son cœur et c’est en homme de conviction. Quel discours pourra-t-il avoir face aux grands enjeux de l’heure et la crise dans la région des Grands lacs africains ? Quelle sera son attitude au cas où les élections qui se pointent à l’horizon changeront de nature pour devenir des  » sélections électorales  » ? A l’en croire d’emblée, l’inquiétude persiste et des pertinentes questions se posent dans les différents états-majors politiques à la veille du quatrième cycle électoral face aux crises multiformes qui sévissent en République Démocratique du Congo (RDC).

Les crises multiformes qui sévissent en RDC étaient-elles prévisibles ou maîtrisables ? Comment faut-il aborder la réflexion sur l’avenir de la RDC ou comment poser des questions fondamentales pour que les réflexions avancées soient fondées sur les réelles préoccupations d’un Etat-Nation en difficulté ? Telles ont été les questions que le Think Tank Congolais  » Café d’élites  » qu’il coordonne avec maestria s’est posées. Pour le  » Café d’élites  », toutes ces interrogations, telles que soulevées, sont tributaires d’un arrière-plan contextuel plus ou moins précis, propre au grand cercle de savoir et d’analyse, sur lequel s’exercent des influences plus ou moins fines, en deçà ou au-delà des dépendances basiques réservées aux politiciens Congolais qui croient détenir le monopole de savoir. Il était temps, a-t-il dit, de repenser un nouveau Congo qui s’identifie comme une nation et un Etat moderne.

A ce jour, a poursuivi l’honorable Gustave Omba Bindimono,  » il n’existe aucun projet fédérateur et essentiel, susceptible de réunir les Congolais dans leur diversité d’opinions dans le but de refonder un Etat responsable et socle des valeurs afin de se réorganiser et garantir son émergence dans les respects de principes universellement indéniables  ».

Le peuple congolais, a-t-il renchéri, doit être responsabilisé à travers ceux de ses fils qui décryptent les dangers qui guettent la République et capables d’anticiper l’action de l’Etat. Avant de clore son propos, cet ancien cadre de l’UNC a indiqué que :  » La refondation de l’Etat s’impose aussi bien que le patriotisme authentique devient une nécessité. Le Congo qui est en lui-même un grand enjeu, doit dorénavant se poser des bonnes questions afin de garder sa configuration géographique et garantir sa stabilité sur tous les plans  ».

Pourquoi ? A cette autre question de la presse, Gustave Omba a, avant de donner sa réponse, relevé les faits suivants : 1) L’âme de la République est en lambeau, il est difficile aujourd’hui de présenter un profil qui cadre réellement avec la République Démocratique du Congo ; 2) Le Congo d’aujourd’hui ne plus celui de 2,345 millions de Km² ; 3) Le Congo a perdu ses valeurs authentiques, son identité unique comme toutes les autres nations responsables ; 4) Le Congo d’aujourd’hui ne dispose d’aucun inventaire approximatif de ses richesses ; 5) La Patrie ignore et tue ses propres fils, et enfin ; 6) Le Congo d’aujourd’hui n’arrive pas à réunir ses filles et fils autour d’un grand projet existentiel.

Comme approches ou pistes de sortie de crise, cet érudit et membre influent du Café d’élites a proposé : 1) Assainir le climat politique ; 2) Reporter les élections car, dans le contexte actuel, elles sont inopportunes sauf si le pyramide est renversé. C’est-à-dire, organiser en premier les élections au niveau local et les législatives et présidentielles interviendront en dernier ; 3) Les Congolais doivent se parler et débattre sur les questions majeures et existentielles entre autres la problématique de la CENI dans le respect des règles et des représentations géopolitiques ; 4) La Cour constitutionnelle doit tenir compte de cet aspect dans les principes et les règles de représentativité géopolitique ; 5) Réviser partiellement la constitution sur certaines dispositions, et enfin ; 6) Mettre en place une nouvelle administration territoriale représentative.

 » Malgré la place qu’occupe le Congo dans le concert des nations, ce pays est considéré auprès des différents partenaires comme un pays sans référence et sans interlocuteur valable. Il s’observe donc un manque criant de leadership exemplaire non seulement capable de s’adapter aux attentes du monde, mais également de catalyser les aspirations du peuple Congolais vers le bien-être collectif, d’où la nécessité dans la logique de chose de penser à la révolution d’élites qui est notre principe et au renouvellement de la classe politique qui doit se faire sous une forme brutale afin de contraindre la médiocrité  », a martelé le Coordinateur national du Café d’élites.

En conclusion :  » Notre mixité culturelle nous permet d’avoir des réflexions d’une grande qualité tout en sachant que les partis politiques ou acteurs politiques n’ont plus le monopole de la production intellectuelle ou du savoir. Certains laboratoires d’idées s’intéressent uniquement aux décideurs et ignorent carrément le grand public mais le Café d’Elites de par son rôle pédagogique, contribue à l’éclaircissement des grands débats et suggère les orientations qui peuvent être considérées comme support à l’émergence  ».

Le Café d’élites génère des idées originales et des options politiques. Il est également un réservoir d’experts. Le Café d’élites reste ouvert et disposé à approfondir ses réflexions. Après sa démission surprise, quelle sera la prochaine étape pour ce fin stratège qui a été, pendant beaucoup d’années, apprécié par le leader de l’UNC ? Qui vivra verra !

Dieudonné Buanali

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