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Appelé par les États-Unis à retirer ses troupes de la RDC : Kigali se plaint, la France l’enfonce

Les Etats-Unis d’Amérique continue à faire pression, de manière diplomatique, pour que le Rwanda quitte le sol congolais où il est actif aux côtés du M23 à travers son armé les RDF. Dans une déclaration du département d’Etat, les USA ont réitéré leur appel au Rwanda tout en condamnant l’action du M23 autour de Saké dans le Territoire de Masisi en province du Nord-Kivu. « les États-Unis condamnent les actions du M23 entourant Saké dans l’Est de la République démocratique du Congo et appellent le Rwanda à retirer immédiatement le personnel et l’équipement de la Force de défense rwandaise sur le territoire de la RDC », a dit Matthew Miller, le porte parole du département d’Etat dans un tweet du dimanche 18 février 2024. Une position qui n’a pas enchanté Kigali, qui n’a pas hésité un seul instant, à son tour, d’exprimer son mécontentement. C’était sans compter pour la France qui a condamné une fois de plus le Rwanda dans un document ce mardi.

Dans un communiqué du 18 février signé par le Ministre Rwandais en charge des Affaires étrangères Vincent Biruta, Kigali se dit « profondément préoccupé par l’abandon des processus de Luanda et de Nairobi par le gouvernement de la République Démocratique du Congo, ainsi que par l’indifférence de la communauté internationale devant le renforcement militaire considérable de la RDC » lit-on dans ce document qui revient sur la crise sécuritaire dans la région des Grands-Lacs.

Le régime de Kagame a répondu farouchement à la déclaration du département d’Etat américain. Le gouvernement rwandais pense que cette déclaration offre une image profondément tronquée de la réalité, en contradiction flagrante avec l’esprit du processus de renforcement de la confiance initié par la Directrice du Renseignement National américain en novembre 2023, qui avait créé un cadre constructif pour une désescalade de la situation. « Le Rwanda demandera des précisions au gouvernement américain pour savoir si cette déclaration représente un tournant dans sa politique ou résulte d’un simple manque de coordination interne », a ajouté dans son communiqué le Ministre Biruta.

Par contre Kigali se plaint des menaces de Kinshasa de « l’envahir et de changer son gouvernement ». Disant prendre les dirigeants congolais au mot, il dit avoir adapté sa position en conséquence, notamment via des mesures visant à assurer une défense aérienne totale du territoire rwandais. Ainsi « pour faire face à l’introduction de drones d’attaque chinois CH-4 par la RDC en 2023, et aux violations répétées de l’espace aérien rwandais par les avions de chasse congolais ».

Le gouvernement de Kagame accuse Kinshasa d’abandonner les processus diplomatique de Luanda et de Nairobi. Dans sa dernière sortie sur la situation sécuritaire, le porte-parole du gouvernement s’est exprimé contre ces allégations du Rwanda, en rappelant l’attachement du Congo à la feuille de route de Luanda qui doit être respectée et réaffirmant l’engagement de Kinshasa aux mécanismes de Kenya.

Le Rwanda pense que la montée des affrontements dans le Nord-Kivu est une suite logique du départ de la force de la Région Est africaine. La RDC avait jugé l’action de cette force inefficace, et avait décidé de ne plus renouveler son mandat en décembre 2023, avant l’entrée des forces de la SADC.

*L’etau se resserre sur Kigali, la France appui sur l’accélérateur*

L’étau se resserre de plus en plus sur le régime de Kigali sur le plan diplomatique dans ce conflit avec la RDC. Après cette déclaration des États-Unis d’Amérique qui l’a dérangé, la France vient de rajouter une couche de pression sur le Rwanda. « Nous appelons le Rwanda à cesser tout soutien au M23 et à se retirer du territoire congolais. La France appelle l’ensemble des groupes armés à mettre un terme aux violences », peut-on lire dans un communiqué rendu public par l’ambassade France en RDC ce mardi 20 février.

Le pays d’Emmanuel Macron se dit préoccupé par la situation sécuritaire dans l’Est du Congo, dans le Nord Kivu et en particulier autour de Goma et de Saké. Les atteintes à l’intégrité territoriale de la RDC et la situation des populations civiles sont inadmissibles, dit-elle. Ainsi, elle condamne dans la même lancée « la poursuite des offensives du M23 avec le soutien du Rwanda, et la présence des forces rwandaises sur le territoire congolais. Paris appelle également la RDC à cesser de soutenir les FDLR, une allégation que Kinshasa a toujours rejettée, car elle souffre de « preuves».

Possibilité de dialoguer

La Communauté internationale à l’image des États-Unis, la France et plusieurs autres organisations internationales appellent les parties au conflits au conflut dans la sous-région au dialogue pour la paix. A ce sujet, en marge du 37 sommet des dirigeants de l’Union Africaine, le president congolais Félix Tshisekedi a exprimé sa disponibilité à dialoguer mais à une seule condition : pas avec le M23 qu’il qualifie de chiffon vide, mais avec le Rwanda, car selon Kinshasa, c’est ce dernier qui est la source véritable de l’instabilité dans la région.

Pendant ce temps, les combats font rage dans la province du Nord-Kivu, avec sa cohorte des soucis humanitaires, traduit par de nombreux milliers de déplacer qui prennent d’assaut les écoles et les églises, car dans les camps de déplacés il n’ y a plus assez de places pour accueillir de nouveaux déplacés qui viennent en masse de Saké dans le territoire de Masisi, où les affrontements s’intensifient chaque jour qui passe.

Fiston Oleko

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