Société

Drame de Kalehe : Notable du grand Kivu, Julien Paluku : « Face à l’adversité de la nature, seule la solidarité de cœur atténue la douleur »

Touché dans son for intérieur, comme des millions de Congolais, le président du Burec, Julien Paluku, ministre de l’industrie a exprimé à notre rédaction toute sa douleur face au drame survenu à Kalehe, avec 401 morts, des Congolais, emportés par les glissements de terres dus aux inondations.

Notable du grand Kivu, et président d’un parti politique ayant pignon sur rue, au-delà des actes qu’il a initiés pour, à son niveau, porter secours aux rescapés et victimes de cette catastrophe naturelle, le ministre de l’industrie a exhorté les populations à plus de solidarité dans les moments aussi tragiques que celui-ci.

Comment ne pas s’indigner des souffrances infligées à cette population, non seulement par l’incurie de la prédation des actes d’agression de la part des voisins, mais quand il faut ajouter à cela des conditions climatiques destructrices, il y a lieu de concentrer les efforts pour mettre une borne à ces difficultés existentielles.

Au-delà de l’action gouvernementale à laquelle il participe pleinement en faveur des sinistrés, Julien Paluku lance un appel à toute la population pour que chacun, dans la mesure du possible, pose un geste qui puisse manifester la compassion et notre solidarité nationale. Les bureaux de représentation de Burec dans le pays peuvent servir des points de relais pour recevoir de différents dons. Et les militants de Burec sont appelés à montrer l’exemple en se mobilisant davantage.

De l’autre côté, Paluku sollicite de la part des autorités locales de prendre des précautions pour que des pratiques de résilience soient enseignées à la population en cas de récidive de ces genres de catastrophes.
Pour rappel, depuis jeudi 4 mai, une forte pluie a causé des inondations et des glissements de terres dans le territoire de Kalehe, causant plus de 400 morts, des dégâts matériels et des centaines des disparus. Depuis, la RDC a décrété un jour de deuil national, les plaies continuent à être pansées, et les découvertes de nouveaux corps risque de continuer. Les autorités locales affirment que nous sommes en face de l’une des pires tragédies naturelles que le Congo n’ait jamais connu. En décembre 2022, plus de 150 personnes avaient été tuées dans les inondations de même nature à Kinshasa. Actuellement, le gouvernement de Kinshasa a dépêché une mission humanitaire pour aider les rescapés et enterrer les corps des infortunés. La catastrophe s’est produit dans des villages dépourvus de morgue pour conserver les défunts. Le sinistre a donc induit une urgence inouïe. Selon Sébastien Loth, chef de mission de Médecin Sans Frontières au Sud- Kivu, « la situation est très difficile. Il y a eu de destructions massives des maisons et des champs, ainsi que la perte de nombreux bétails. La population a urgemment besoin d’abris, de biens de première nécessité et de nourriture ».

Médecin Sans Frontières a indiqué avoir fait dons aux autorités locales de Bushsushu, Minova et Nyamukumbi ( dans le territoire de Kalehe), des intrants médicaux et des sacs mortuaires. Car, malheureusement, le nombre des morts risque d’augmenter, à mesure que les organisations humanitaires avancent dans la recherche des survivants ensevelis par la boue. La Croix – Rouge de la RDC affirme que plusieurs corps ont coulé dans le lac Kivu. 5 jours après la catastrophe, les chances de trouver des survivants s’amenuisent. Les morts que les travailleurs humanitaires trouvent sous les décombres des maisons englouties, sont enterrés en toute urgence, du fait de la décomposition des corps.

Plusieurs corps ont été enterrés dans des sacs plastiques dans des fosses communes, provoquant la colère des Congolais qui dénoncent « un enterrement indigne ». La Croix-Rouge du Sud-kivu a affirmé que « les corps retrouvés étaient déjà en décomposition et ne pouvaient encore attendre le temps de trouver des cercueils, de peur qu’ils se décomposent : Les corps de noyade se détériorent rapidement, surtout que la période de fouille a aussi été longue et ce, dans un village sans morgue ».

Les travailleurs humanitaires craignent qu’une mauvaise gestion de la catastrophe, ne donne lieu à une autre, la catastrophe sanitaire. La Croix- Rouge alerte sur « la difficulté de prise en charge médicale des personnes blessés et des morts encore sous les décombres ». La Croix – Rouge fait savoir aussi « la promiscuité dans laquelle vivent les sinistrés dans les familles d’accueil et sites d’hébergement les exposent au risque de viols et violence ; les gens vivent dans un état de traumatisme dû aux pertes de leurs proches et de leurs biens. Cela nécessite une prise en charge psychosociale ».
Le tableau peint aussi bien par le gouvernement que par les travailleurs humanitaires justifie l’appel pressant de Julien Paluku.

Le Kivu qui vit déjà péniblement du fait des groupes armés, se retrouve devant une tragédie naturelle aussi violente et meurtrière que la guerre. Entre deux maux d’une rare violence, d’autres malheurs s’accumulent. Selon la Croix-Rouge de la RDC, les fortes pluies ont emporté « plusieurs champs de culture vivrières et des dépôts hébergeant des vivres ». Les fortes averses « ont détruit également de centaines d’infrastructures publiques dont un micro-barrages électrique, des marchés, des églises, mosquées, des écoles, les toilettes et les douches. Plusieurs enfants ont été séparés de leurs parents ».

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