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Mining Indaba 2024 : Jean-Jacques Kayembe :  » La RDC est un pays à transparence élevée.  »

Contrairement à ce que d’aucuns pensent, la République Démocratique du Congo (RDC) est un pays à transparence élevée.  » Nous sommes parmi les 5 pays de l’ Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) qui sont au top  », a annoncé le Coordonnateur National de l’ITIE RDC, au cours d’une interview exclusive accordée à Géopolis Magazine au stand officiel de la RDC en marge de la 30e édition de Mining Indaba. Avant d’ajouter :  » Nous sommes un pays à transparence élevée mais nous ne pouvons pas dormir sur nos lauriers. Nous devons continuer à travailler pour maintenir ou améliorer encore davantage notre score  ». Ci-dessous, l’intégralité de cette communication.

Géopolis : Monsieur Jean-Jacques KAYEMBE, vous êtes le Coordonnateur national de l’ITIE RDC. Pouvons-nous connaître les raisons de votre présence à Mining Indaba ?

Jean-Jacques Kayembe (JJK) : Nous venons chaque année à Mining Indaba pour échanger avec toutes les parties prenantes de l’Afrique en général, nos communautés, les investisseurs et discuter pour améliorer la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur des Mines. Et surtout, améliorer aussi ma traçabilité de nos minerais. Parce que lorsque vous regardez du côté artisanal, on trouve que l’artisanat minier dans certains pays commence à prendre de l’ampleur. Mais comme il retombe dans le circuit industriel, nous asseyons de travailler pour améliorer cette gouvernance là.

Géopolis : Dans les 30 ans du Forum Indaba Mining, il y a les 20 ans de l’ITIE en tant que processus de traçabilité et de transparence, pensez-vous que votre institution a amélioré la gouvernance minière africaine en général et congolaise en particulier et dans quelle proportion ?

JKK : Mais beaucoup parce qu’aujourd’hui si on commence à parler du contenu local, on commence à parler du partage des bénéfices avec les populations locales, c’est grâce à l’impact de l’ITIE. Vous savez en 2002, quand l’ITIE est née, c’était dans les objectifs de faire en sorte que les populations qui sont impactées puissent partager la richesse minière avec les investisseurs. C’est comme ça que nous avons même remarqué qu’à Mining Indaba, il y a plusieurs activités dans le cadre de l’ITIE. C’est pour pousser les investisseurs, les miniers et les autres parties prenantes à savoir que la richesse minière doit être partagée avec le pays hôte, les investisseurs et surtout, les communautés impactées.

Géopolis : Quel a été le facteur déclencheur ? Qu’est-ce qui a favorisé cette mutation ? Quelle est l’arme principale de l’ITIE ?

JKK : Mais la seule arme c’est la question de la gouvernance et de la transparence, c’est-à-dire pousser les gouvernements et les investisseurs à comprendre que, sans bonne gouvernance et transparence, on ne peut pas améliorer le vécu quotidien du citoyen lambda. Alors, nous avons travaillé sur des secteurs clefs de transparence et de gouvernance pour que les investisseurs, les pays hôtes et les communautés comprennent qu’il faut de la transparence, il faut du contenu local, pour qu’on crée des millionnaires africains. Vous avez déjà vu dans certains pays, il y a des millionnaires. C’est la même démarche que nous voulons faire dans notre pays, que le secteur minier soit le secteur qui pousse à la création des millionnaires et que le contenu local puisse s’améliorer dans notre environnement de ma RDC.

Géopolis : Le temps passe et le mot contenu local devient de plus en plus creux. Les retombées de l’exploitation minière ne profitent qu’aux investisseurs en plus de la pollution du cadre de vie des communautés. Avez-vous la même lecture ?

JKK : Non. Je pense que si vous regardez bien, aujourd’hui avec la création de l’ARSP, on commence à voir que le contenu local s’améliore dans notre pays. On a des entrepreneurs Congolais qui commencent à se partager les quelques 3 milliards de dollars américains qui tombent dans le secteur de la sous-traitance. C’est déjà le contenu local qui s’améliore. Nous avons la redevance minière et les 0,3 % du chiffre d’affaires dans notre pays qui impactent fortement les communautés. On sent que les 20 ans de l’ITIE, avec nos discussions, avec tout le travail que nous avons fait, il y a déjà des retombées mais on ne peut pas les mesurer en un seul instant. Il faut se donner un temps pour voir comment il améliore la vie de nos citoyens. Moi, je pense que d’ici deux, trois, voire quatre ans, vous allez le voir se matérialiser dans notre pays.

Géopolis : Puisque nous parlons de l’ITIE, à quel niveau situe la position de la RDC ? Avancée ou recul ?

JKK : Non. Nous sommes d’abord un pays à transparence élevée. Nous sommes parmi les 5 pays de l’ITIE qui sont au top. Nous sommes un pays à transparence élevée mais nous ne pouvons pas dormir sur nos lauriers. Nous devons continuer à travailler pour maintenir ou améliorer encore davantage notre score. Vous savez à la dernière validation, on a eu 85,5% mais c’est le minima que nous pouvons avoir mais nous devons continuer à travailler pour aller au-delà du minima, des standards, et je pense qu’à la prochaine validation qui interviendra en 2026, la RDC sera un pays à transparence élevée.

Géopolis : Quel est votre message de la fin ? Sommes-nous dans le bon par rapport à la transparence ? Que dites-vous au peuple Congolais ?

JKK : Les discussions que nous faisons aujourd’hui à Mining Indaba, c’est pour le futur. Pour le futur, vous savez que nous sommes fortement impactés par les questions de la transition énergétique, la demande qui est très forte des minéraux stratégiques, nous voulons que de plus en plus que cette demande soit forte, que la transparence et la gouvernance s’améliorent dans notre pays pour le bien de nos populations.

Géopolis : Merci.

JKK : C’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par WAK. Texte par Dieudonné Buanali.

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