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Pour les déplacés de Rutshuru :L’eau est une priorité absolue pour survivre (Nicolás Berlanga, Ambassadeur de l’Union européenne en RDC)

L’eau, c’est la vie. Cet adage semble être le slogan de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO SA) qui peine depuis des décennies à cause des problèmes structuro fonctionnels à desservir la population congolaise en cette denrée devenue rare dans certaines cités urbaines et rurales. C’est le cas du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord Kivu, en proie aux activités des forces négatives qui pullulent à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) dont le Mouvement du 23 Mars dit M23. Bientôt cette difficulté appartiendra qu’au passé. En effet, une extension majeure du réseau d’eau potable municipal de Goma, Chef-lieu du Nord-Kivu, a été inaugurée, le jeudi 25 janvier, fournissant de l’eau à environ 150 000 personnes dans les communautés déplacées et hôte. Financé par l’Union européenne (UE) par l’intermédiaire de l’UNICEF, le projet remplace le transport coûteux de l’eau par camion vers les sites de personnes déplacées de Bushagara et de Kanyaruchinya grâce à un système d’adduction d’eau de grand diamètre, de réservoirs et de bornes fontaines.

« Pour les centaines de milliers de personnes qui ont dû quitter leurs maisons à Rutshuru depuis 2022, l’eau est une priorité absolue pour survivre », a déclaré Nicolás Berlanga, Ambassadeur de l’Union européenne en RDC. Avant d’ajouter : « Nous devions trouver un moyen de fournir ce bien essentiel de manière pratique et rentable. En construisant ce réseau, nous pouvons nous assurer que les personnes déplacées, ainsi que les communautés d’accueil, ont accès à l’eau de manière durable ».

Le projet comprend plus de 5 kilomètres de tuyaux souterrains et une installation de pompage équipée de deux pompes d’une capacité de 150 000 litres par heure. L’eau est puisée dans le réseau municipal existant de la ville.

« Dans une crise comme celle-ci, nous cherchons comment apporter un changement durable », a déclaré le Représentant de l’UNICEF en RDC, Grant Leaity. Le transport de l’eau par camion, a ajouté notre source, était difficile à maintenir, surtout avec les niveaux de financement actuels. L’économie signifie que le nouveau système offrira un bien meilleur rapport qualité-prix et laissera un héritage pérenne, non seulement pour les personnes déplacées, mais aussi pour tous ceux qui vivent dans cette zone au nord de Goma.

Grâce à un financement de la France, des travaux de construction ont commencé pour étendre le réseau à Kanyaruchinya, et des points d’eau seront installés le long de la route principale qui mène au nord de Goma.

Cette extension du réseau municipal d’eau pour desservir les sites de personnes déplacées ainsi que les communautés d’accueil met en évidence l’impact à long terme sur le développement que les interventions humanitaires peuvent avoir – ce que l’on appelle l’approche Nexus, des synergies entre les actions humanitaires, de développement et de paix.

« Les conditions de vie à l’intérieur et autour des sites de personnes déplacées sont extrêmement difficiles », a déclaré Johan Heffinck, qui supervise les programmes humanitaires de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs. A en croire le précité, l’approvisionnement fiable en eau potable permettra non seulement d’améliorer les conditions de santé et d’hygiène, mais aussi de donner aux communautés plus de dignité dans leur vie quotidienne.

La RDC est confrontée à la pire épidémie de choléra qu’elle ait connue depuis six ans, l’épicentre étant l’est du pays. Il est donc plus important que jamais de disposer d’eau potable et d’améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement. En 2023, le nombre de cas de choléra a triplé pour atteindre 52 506 cas suspects, dont 470 décès. Plus de 40 pourcents des malades sont des enfants. Le Nord-Kivu est l’épicentre de l’épidémie, avec près de 65 pourcents de tous les cas.

L’épidémie de choléra n’est qu’un des éléments de la crise complexe et prolongée qui sévit dans l’est de la RDC, où plus de 15 millions d’enfants subissent les conséquences des conflits armés, des déplacements de population et des épidémies récurrentes.

Dieudonné Buanali

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