TRANSPORT

Traitement rapide des conteneurs au Port de Matadi : Signature du contrat de concession entre la SCTP et le géant des mers MSC

Un contrat de concession pour le traitement des conteneurs au Port international de Matadi, le point d’entrée et de sortie industriel privilégié pour la République Démocratique du Congo (RDC), et en particulier pour sa capitale Kinshasa, à laquelle il est relié par la route et le chemin de fer, a été signé, le mercredi 15 Lars 2023, entre le gouvernement de la République et le Groupe qatari Mediterranean Shipping Company SA (MSC) à la primature.

 » C’est la continuité du mariage qui va avoir lieu entre la Société congolaise des transports et ports (SCTP) et MSC pour la modernisation du Port international de Matadi, dans sa partie traitement des conteneurs  », a déclaré Martin Lukusa Tshibangu, Directeur Général de la SCTP, à l’issue de cette cérémonie présidée par le Premier ministre, Jean Michel Sama Lukonde Kyenge.

 » Et aujourd’hui, on était sur le volet des conditions suspensives. Mais les discussions vont continuer encore d’ici deux mois pour arriver à la version finale, afin de pouvoir commencer effectivement les travaux et moderniser le port pour faire face à la concurrence qui nous mine depuis plusieurs années  », a-t-il précisé.

 » Le port sera équipé. Un travail scientifique se fait. On va améliorer sensiblement les conditions internes d’exploitation pour baisser les prix afin que le consommateur final soit servi avec le meilleur des produits sur le marché  », a ajouté Martin Lukusa.

Il a laissé entendre que les conditions internes ne sont pas meilleures, et cela fait augmenter les prix.  » Mais avec l’apport de la technologie, nous aurons la fluidité des produits qui seront soit à l’import soit à l’export, afin de servir les derniers consommateurs  », a-t-il espéré.

De son côté, le président du groupe MSC, Diego Aponte a souligné qu’à travers le terminal de Matadi, à travers les navires de MSC, l’idée est vraiment de moderniser le port de Matadi pour en faire un terminal très compétitif, afin de baisser les prix, dans l’intérêt de l’importateur et exportateur congolais.

 » La première phase d’investissement dans le cadre de ce projet, va coûter 150 millions d’euros. Les travaux vont commencer très rapidement. Je pense que d’ici à l’été prochain, on pourra déjà commencer à travailler  », a-t-il ajouté.

Ce partenariat vise notamment l’aménagement, l’équipement, et l’exploitation du terminal dédié au traitement des conteneurs.

Il sied de noter que le port international de Matadi, ainsi que la ville éponyme sont fondés en 1886. Situé en rive gauche du grand et majestueux fleuve Congo, il n’était au départ qu’un petit accostage destiné à accueillir les marchandises en transit vers Léopoldville, actuelle Kinshasa, et l’intérieur du pays. Les travaux de construction de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville débutèrent en 1890 pour s’achever en 1898. Le port et le chemin de fer seront quelques années plutard le moteur du développement de la ville.

Un premier quai est construit en 1935 par la Compagnie des chemins de fer du Congo pour accueillir des navires d’importance en 1935 : le quai Matadi (650 mètres). Le quai Fuka-Fuka, d’une longueur de 525 mètres, est achevé en 1940. Le quai de Kala-Kala (468 mètres) sera inauguré en 1950. 3 autres petits quai furent réalisés à 7 kilomètres vers l’aval à Ango-Ango : le quai pétrolier, le quai public (inflammables et explosifs) et le quai Permaco (pour les chalutiers). Une ligne de chemin de fer les reliait au port principal.

Les premiers conteneurs arrivèrent à Matadi en 1974. La croissance de cette manutention entraîna des aménagements spécifiques sur le quai Fuka-Fuka. Fin 2005, des travaux de réhabilitation du quai Venise débutèrent, en vue de porter celui-ci à une superficie de 5 000 m², pour l’accueil de navires de 300 000 tonnes.

Actuellement, le port de Matadi tourne au ralenti, à l’image de l’activité économique du pays, ayant pâti de la fermeture progressive des industries du Kongo central et de Kinshasa. Les exportations n’atteignent pas le cinquième des importations. Le port de Matadi est fortement frappé par les grèves à répétition et la désorganisation, à cela s’ajoute la vétusté des matériels.

Plus de 90 % des échanges avec la capitale se font actuellement par la route nationale numéro 1, tronçon Matadi – Kinshasa, réhabilitée, modernise et entretenue en permanence grâce aux recettes des péages, les 10 % restants se font par le chemin de fer Matadi-Kinshasa. Parmi les autres projets envisagés pour le redéploiement de Matadi et son port, il y a l’installation d’une zone économique franche à Inga.

Dieudonné Buanali

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