TRIBUNE

Tribune – Hommage à Katsh Katende, monument vivant du Théâtre Congolais Dramaturge et esprit de talent à l’occasion de la Première de « Ton combat femme Noire » voici 48 ans.

Par William Albert Kalengay, journaliste
Le mois de septembre se termine, un mois destiné à la promotion et à la célébration de la féminité.Ces propos paraissent simples et pourtant ils sont porteurs d’une puissance inouïe pour ceux dont le cœur est ouvert aux vibrations de la création. La féminité, cette activité d’ennoblissement, de conservation et d’accompagnement des valeurs au contenu éternel, est présente dans l’effort que fait la femme de préserver la pureté dans tout ce qu’elle fait. Ceux qui furent attentifs ont sans doute capté ces rayons d’amour qui le Créateur a déversé sur la femme de la terre pour qu’elle soit forte à son poste et qu’elle travaille à l’amélioration du genre humain.

Cette vision de la femme ; présente et forte au sein de son environnement est un processus idéal car la femme de la terre fut dévastée, brisée par une culture de la chosification au point de devenir une caricature au service carrément des ténèbres, étant elle-même actrice de ce ravalement et de ce nivellement vers le bas. Elle a été prise en charge par une société ignorante de ses valeurs et elle s’est confondue à la vision réductrice que cette société lui a dépeint et ce depuis des millénaires. Comment croire en un avenir radieux si la porteuse de la flamme est aveuglée par le monde ?

Pour aider la femme et lui produire le choc qui libère, le créateur a suscité des hommes te des femmes de talent, leur a donné les récits nécessaires pour que la femme, cet être de lumière revienne à la surface et prenne sa place au soleil de l’amour et de la pureté. Ces hommes ont amené avec eux des puissances contenues dans la simplicité des mots et des concepts dont ils sont porteurs. Parmi ces messages venus de loin, parmi ces aides que la Lumière a daigné accorder à la femme pour qu’elle revienne aux illuminations que lui suggèrent sa nature. Parmi ces voix , parmi ces dons merveilleux il y’a le livre, Ton combat femme noire, livre écrit sous forme de pièce de théâtre par ce géant , Katsh Katende , l’un des derniers mohicans de l’art sacré, parmi ceux venus visiter notre terre avec une vision nette et précise de ce à quoi ils ont été destinés.
Il me faut faire un retour dans le passé pour vous dire que ce géant est entré dans ma vie au sens propre et figuré du terme alors que j’avais neuf ans. Nous sommes à Kolwezi dans la province du Lualaba, je suis élève et heureusement initié à l consommation du théâtre des salles par mes sœurs qui m’amènent à la maison des jeunes. Ce soir-là il y a une troupe qui vient de Likasi à 200 km de la qui joue. Nous suivons cette pièce et nous captons la vie qui est représentée par le jeu d’acteurs même si je ne comprends pas tout. Et voilà qu’un acteur monte sur la scène et de ma posture située en bas du podium, il me parait un géant. Il est effectivement grand de taille, habillé tout en blanc et il se dégage de lui une atmosphère de puissance. Dans ma tête d’enfant, c’est comme un ange. Cette image va se graver en moi pour longtemps. Même si le nom de Katsh Katende ne m’était pas inconnu je n’aurai plus l’occasion de le revoir avant plus de vingt ans.
Plusieurs années plus tard, je suis devenu un adulte responsable, un peu reconnu dans mon métier de journaliste. Je me retrouve dans une mission de travail en Zambie, je m’initie aux questions minières et je vais visiter une usine du nom de Buana MUKUBWA à Ndola . Ce jour-là à l’Hôtel je vois un homme assis en train de lire un livre, je m’approche de lui par curiosité pour son ouvrage . Tes aimable il me passe le livre et me parle sur un ton sympathique avec un accent de résonance puissant au point qu’au moment où je le regarde je me vois brusquement revenu plus de vingt ans en arrière, c’est l’homme en blanc qui apparait et qui prend ses traits. Je venais de retrouver cet acteur puissant qui m’avait marqué et dont je n’avais pas oublié l’existence. Je venais de faire pour la deuxième fois Katsh Katende, ce grand dramaturge qui a réussi à construire la voie de la réhabilitation des vertus grâce aux centaines des pièces qu’il a écrite et comme il le dit souvent le théâtre a pour rôle de rendre la vertu agréable à l’homme.
Voila près de cinquante ans que Ton Combat femme noire fut joué et l’œuvre continuer de pousser dans les jardins de conviction des plusieurs congolaises et congolais qui ont compris que la femme devait livrer ce combat de sa libération intérieure pour que ses trésors puissent luire dans le monde froid de l’intellect. Pendant des années cet auteur a efrit , il a scruté les mystères de l’âme humaine et il a usé de l’art royal pour parler au cœur même du dispositif de l’être humain enfin de dégager la route remplie de détritus d’une culture de la jouissance loin de l’esprit de service . Son œuvre est grande, elle dépasse sa propre personne. Il faudrait des générations entières pour puiser les valeurs contenues dans les écrits de Katsh Katende qui reste à mes yeux le plus grand dramaturge de notre génération.

 » LE 20 SEPTEMBRE 1975, de 19h30 à 21h30, ma pièce de théâtre intitulée « Ton Combat, Femme Noire », en trois actes, était créée (en d’autres mots : montée et jouée pour la première fois), en pleine Année Internationale de la FEMME – 1975 – dans la salle polyvalente du Lycée LUBUSHA à LUISHIA (ex Institut Sainte Marguerite, un don de monsieur Jules COUSIN (1884/1965) à la jeune fille kongolaise (1) – ancien DG de l’Union Minière du Haut-Katanga, UMHK ( 1906-1967), à 40 km à l’Est de la Ville de Likasi.)
Par LOLANGO THÉÂTRE, première troupe de la Ville de Likasi, indépendante des écoles-des églises-des sociétés industrielles, dans une mise en scène de Talasha M’Siri (Mushidi ?) ; et avec la participation de votre serviteur, également comme acteur dans le rôle de Mukatenga. L’accueil plein d’enthousiasme, du reste inattendu, de jeunes filles a été d’une telle franchise que j’ai eu peur de me présenter en tant qu’auteur.
J’avais raison parce que les grandes élèves de sixième m’ont confié un message de remerciement à l’auteur qui devrait, selon elles, avoir de grandes filles comme elles pour avoir compris leur Combat… Ouf ! Dans le cadre de cet extraordinaire quarante-huitième anniversaire de la création artistique de cette pièce – le 20 septembre 1975/le 20 septembre 2023 – j’invite celles qui y avaient assisté (plus ou moins 500 filles-élèves-internes âgées de 11 à 20 ans), dont certaines sont aujourd’hui de grand-mères (la plus jeune à l’époque totalise ce jour 59 ans), à me faire parvenir leur témoignage (positif ou non, mais témoignage !) en vue de leur publication dans un ouvrage en préparation, en mémoire du Professeur TSHIDIBI TSHIKANDU, ex Jean Pierre, (1958-2014), unique spécialiste, à date, du Théâtre katshimbikien.
Cette pièce, restée à l’affiche depuis lors (quarante-neuf ans durant) d’une multitude de troupes aussi bien du théâtre scolaire, amateur que professionnel éparpillées à travers le Bassin du Kongo, l’Afrik et le Monde, a été successivement publiée en 1984 et tirée à 1.000 exemplaires ; et en 2004 à 2.000 exemplaires. Votre active participation, par témoignage écrit, permettrait à ce Théâtre – moment de confrontation et de résistance – de récupérer sa place primordiale dans notre Communauté en crise d’hommes/de l’homme/de tout homme ( ?).
Ne dit-on pas judicieusement par ailleurs que LÀ OÙ LE THÉÂTRE VA, TOUT VA ?  » (Extrait tiré du premier Tome de l’ouvrage intitulé :  » MON THÉÂTRE : De l’appropriation à la création : Processus d’élaboration artistique.  » Sous presse aux éditions du CEPROLA/Kinshasa, 2024. ) NOTES : (1) Pour la petite histoire, l’Institut Sainte Marguerite (1953-1976) construit, tout en moellons, extraits de la carrière de Luishia à proximité : deux km (?) – dont les activités avaient sensiblement baissé jusqu’à sa fermeture pour des raisons de rentabilité par rapport aux autres gisements de minerais à teneur élevée – un don à la jeune fille kongolaise en souvenir de l’épouse de Mr Cousin, a été confié, pour une gestion efficiente, aux Religieuses catholiques de Wavre de Belgique.
Qui avaient bénéficié, depuis ce temps, des largesses de Monsieur Cousin, même après son décès en 1965. Lors de la zairianisation, de triste mémoire, des écoles conventionnées catholiques l’institut, devenu Lycée LUBUSHA, était d’abord dirigé par un Laïc avant de revenir, tout doucement à la Congrégation de Religieuses… Puis des Religieuses kongolaises avec le temps. Quand est-il passé du don à la jeune kongolaise à l’église catholique du diocèse du Haut-Katanga ? Telle est la question qui devrait être débattue un jour sans sentiment ! Face aux enjeux de l’heure : la technologie ayant permis l’exploitation avec succès des minéraux à faibles teneurs ! La nuance est de taille.

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